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CF Montréal : le temps des excuses est terminé, place aux actes

CF Montréal : le temps des excuses est terminé, place aux actes



Deux matchs. Deux défaites. Zéro point. Et surtout, un sentiment inquiétant qui s’installe déjà autour du CF Montréal. Perdre, ça arrive. En début de saison, avec un groupe en reconstruction, personne ne s’attendait à une machine parfaitement huilée. Mais ce qui dérange aujourd’hui, ce n’est pas uniquement le résultat. C’est la manière.


Défaites contre San Diego FC et contre le Chicago Fire FC. Deux revers qui laissent un goût amer. À Chicago, le CF Montréal a été complètement déclassé. Dominé dans l’intensité, dans l’organisation, dans la créativité. Pire encore : encaisser deux buts en avantage numérique pendant près de 40 minutes. C’est impardonnable à ce niveau.


On peut accepter de perdre. On ne peut pas accepter de se faire marcher dessus.



Le vrai problème : l’attitude et l’identité



Le soccer est cruel, parfois injuste. Mais il révèle toujours une chose : l’état d’esprit. Et pour l’instant, l’état d’esprit du CF Montréal inquiète.


Où est la conviction? Où est le plan de match clair? Où est cette fameuse identité de jeu dont on nous parle depuis des mois?


Les partisans comprennent le mot “reconstruction”. Ils savent qu’un processus demande du temps. Ils ne demandent pas la perfection. Ils demandent des signes. Une progression. Une structure défensive solide. Une équipe qui souffre ensemble et qui réagit quand elle est frappée.


À Chicago, il n’y a pas eu de réaction. Il y a eu résignation.


Et ça, c’est beaucoup plus alarmant qu’une simple défaite.



Un milieu de terrain sans créateur : le vide criant



C’est peut-être le problème le plus évident : l’absence d’un joueur désigné au milieu de terrain capable de créer quelque chose.


Dans la MLS d’aujourd’hui, tu ne peux pas survivre sans un moteur créatif. Un joueur capable de ralentir le jeu, d’accélérer au bon moment, de casser une ligne avec une passe verticale. Le CF Montréal en a cruellement besoin.


On l’a vu dans les deux premiers matchs : aucune imagination dans l’axe. Les séquences offensives sont prévisibles, latérales, sans profondeur. Le ballon circule… pour finalement revenir en arrière.


Sans un vrai patron au milieu, l’équipe joue sans boussole.



Une attaque inoffensive, une défense éclatée



Offensivement, le constat est dur. Prince Owusu peine à s’imposer. Il ne crée pas de danger constant, ne pèse pas suffisamment sur les défenseurs adverses. Et quand ton numéro neuf ne menace pas, toute la ligne d’attaque s’éteint.


Les ailiers? Trop isolés. Trop loin du but. Trop peu servis dans des zones dangereuses.


Résultat : aucune vraie pression sur l’adversaire.


Mais le plus ironique, c’est que la défensive devait être la grande force du projet sportif. On nous a répété que la rigueur et la structure seraient la base de cette reconstruction.


Pourtant, la ligne défensive est éclatée. Désorganisée. Vulnérable dans les transitions. Encaisser deux buts en supériorité numérique, c’est un problème d’attention, de concentration et de leadership.


Alors on doit poser la question : qui va se lever?



Le vestiaire, le coach ou la direction?



Dans les moments difficiles, il y a toujours un leader qui émerge.


Est-ce que ce sera un joueur? Quelqu’un qui décidera que ça suffit et qui imposera un standard plus élevé à l’entraînement comme en match?


Est-ce que ce sera le coach, capable de redéfinir un plan clair, de simplifier le jeu, de remettre tout le monde dans un cadre précis?


Ou est-ce que la direction sportive devra admettre que l’effectif est incomplet et agir rapidement sur le marché?


Parce que pour l’instant, rien ne va.


Et dans le sport professionnel, l’inaction est un choix. Souvent le mauvais.



Lucas Saputo doit réagir



À un moment donné, la responsabilité remonte au sommet. Lucas Saputo ne peut pas rester spectateur.


La MLS est une ligue de détails, mais aussi de décisions rapides. Si le club manque d’un joueur désigné au milieu, il faut le corriger. Si l’identité de jeu n’est pas claire, il faut l’exiger. Si le message ne passe plus, il faut agir.


Les fans ne demandent pas des promesses. Ils demandent des gestes.


Montréal est un marché passionné. Patient, mais passionné. Et la patience a toujours une limite.



Trois tests majeurs à l’horizon



Comme si le contexte n’était pas déjà assez lourd, trois gros matchs arrivent : les New York Red Bulls, Orlando City SC et le FC Cincinnati.


Ce ne sont pas des adversaires faciles. Ce sont des équipes structurées, intenses, capables de punir la moindre erreur.


Le scénario est réel : le CF Montréal pourrait amorcer sa saison locale avec zéro point au compteur.


Imaginez l’ambiance au premier match à domicile dans ce contexte.


Ce serait lourd. Très lourd.



Peut-on encore s’en remettre?



Oui. Bien sûr que oui.


Une saison MLS est longue. Les dynamiques changent vite. Une victoire peut relancer un groupe. Une performance courageuse peut redonner espoir aux partisans.


Mais pour se relever, il faut d’abord reconnaître la réalité.


Le CF Montréal doit se ressaisir immédiatement. Pas dans un mois. Pas dans cinq matchs. Maintenant.


Il faut de la conviction sur le terrain. Un plan de match clair. Une identité visible. Même dans la défaite, on doit sentir une direction.


Parce que ce que les partisans veulent, ce n’est pas seulement des points. C’est croire à quelque chose.


Croire que cette équipe sait où elle va.


Croire que chaque minute sur le terrain construit quelque chose de plus grand.


Aujourd’hui, cette foi est ébranlée.


Mais elle n’est pas morte.


La question est simple : qui aura le courage de prendre le contrôle de cette saison avant qu’elle ne nous échappe complètement?


Et si personne ne se lève maintenant… combien de temps faudra-t-il avant que le silence du stade devienne plus bruyant que n’importe quelle défaite?

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